Humeurs

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QUELQUES PETITES
CHANSONS QUE
J'AIME












LA VIE S'ÉCOULE, LA VIE S'ENFUIT

La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies
Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Les yeux faits pour l'amour d'aimer

Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence
Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête
Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats

Paroles de Raoul Vaneigem,
musique de Francis Lemonnier

CHANT DU DRAPEAU NOIR


Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi cette teinte sinistre?

L'anarchie est faite d'espoir
Et la mort n'est pas son ministre.
Nous portons le deuil des méchants
Des ambitieux et des cupides,
Des capitalistes avides
Qui font couler du sang
pour leurs penchants.
Nous annonçons l'approche
du Grand Soir
Où les tyrans iront au pourrissoir.
Le capital engendre tous les crimes
Et nous portons le deuil de
ses victimes.

Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi la couleur fatidique?


Nous portons le deuil du pouvoir,
De l'État, de la Politique.
Nous voulons notre liberté
Et proclamons : Quoi qu'on dise,
Chacun pourra vivre à sa guise
Quand sera mise à mort l'autorité.
Nous annonçons la fin des potentats
Filous, voleurs, menteurs et apostats.
La liberté rend égaux tous les êtres
Et nous portons le deuil
de tous les maîtres.

Pourquoi ce drapeau teint en noir,
Couleur d'une grande tristesse?

Les hommes, enfin, vont avoir
Leur commune part de richesse.
Nous portons le deuil des voleurs
Qui tous les jours font des bombances
Pendant que, dès leur prime enfance,
Péniblement triment les travailleurs.
Nous annonçons humaine société
Où tous auront bien-être et liberté.
Du patronat les formes sont maudites
Et nous portons le deuil des parasites.
Pourquoi ce drapeau teint en noir
Ainsi que le corbeau vorace?

Les humains viennent d'entrevoir
Qu'ils sont tous d'une même race.
Nous portons le deuil des soudards
Vivant de rapine et de guerre.
Les peuples veulent être frères
Et des nations brûlent les étendards.
Nous annonçons l'ère de vérité,
Ère d'amour et de fraternité!
Des généraux l'existence est flétrie
Et nous portons le deuil de leur patrie.

Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Est-ce une religion suprême ?
L'homme libre ne doit avoir pour
penser nul besoin d'emblème!

L'anarchiste n'accorde pas
A ce drapeau valeur d'idole,
Tout au plus n'est-ce qu'un symbole,
Mais en lui-même il porte son trépas
Car annonçant la fin des oripeaux
Il périra comme tous les drapeaux.
En Anarchie où régnera la Science,
Pour tout drapeau, l'homme
aura sa conscience !

Chanson de Louis Loréal (1922)

 

 











LE PERE LA PURGE


Je suis le vieux Père Lapurge
Pharmacien de l'Humanité
Contre sa bile je m'insurge
Avec ma fille Égalité
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers

Son mal vient des capitalistes
Plus ou moins gras à la ronger
En avant, les gars anarchistes
Fils de Marat, faut la purger !
J'ai du pétrole et de l'essence
Pour badigeonner les châteaux
Des torches pour la circonstance
A mettre en guise de flambeaux

J'ai du picrate de potasse
Du soufre, du chlore en tonneaux
Pour assainir partout où passent
Les empoisonneurs de cerveaux
J'ai des pavés et de la poudre
De la dynamite à foison
Qui rivalisent avec la foudre
Pour débarbouiller l'horizon

Le gaz est aussi de la fête
si l'on résiste à mes joyaux
au beau milieu de la tempête
je fais éclater ses boyaux

J'ai poudre verte et mélinite
De fameux produits, mes enfants
Pour nous débarrasser plus vite
De ces mangeurs de pauvres gens
J'ai pour les gavés de la table
La bombe glacée à servir
Du haut d'un ballon dirigeable
Par les toits pour les rafraîchir

Voleuse et traîtres, bourgeoisie
Prêtres et bandits couronnés
Il faut que d'Europe et l'Asie
Vous soyez tous assaisonnés
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers

 

Paroles et musique de Constant MARIE.















On ne rigole plus. Le premier décembre est passé. Le VIH est resté.
Prenez soin de vous, des autres que vous les aimiez ou non.
Protégez vous. Manifestez. Tous avec Act up-Paris!!
Les bonnes volontés sont rarement récompensées. C'est pas une raison. Soyez militants. http://www.actupparis.org/
Le VIH est un tueur. Ne soyez pas son complice.










Que se passe-t-il?
James Ellroy a-t-il été enlevé par le FBI? A quand la suite bon sang?! Qu'est ce qu'ils deviennent Pete, Junior, et Barb? C'est long!!












Quelques mots pour vous parler des Diggers. Mouvement de la contre culture américaine des années 60 et 70 dont l'esprit perdure...voir le site

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Dimanche 11 décembre 2005

C’est fou comme des fois les événements t’échappent.

Je rentre d’un excellent week end. Je branche la bécane. J’fais un feu avec les chaises en bois et la table. C’est mieux, y fait tout de suite plus chaud. C’est mon coloc qui va faire la gueule. L’aimait bien sa salle à manger. Tiens déjà des coms sur l’article d’hier ? Mais c’est tout bon ça ! Ah tiens Juju. Trop cool de la revoir à Paname la semaine dernière. Trop court aussi, on fera mieux la prochaine fois.

Mais dites moi y un nouveau com d’un nouveau type que j’connais même pas ! Mais c’est qui ? L’a un Blog, vais allez voir (http://pimentalai.over-blog.com/ )… Merde le gars m’a vraiment mis une dédicace ! Putain !! C’est trop fort ça ! Oh bordel faut que j’lise tout maintenant. Oh vache ! Pourvu qu’y soit pas facho ?! Ben non, l’est pas ! J’ai vachement aimé. Un autre Humain. Ouais !! Avec ses doutes. Ses contradictions. Et cet amour des autres propre à ceux qu’en ont chié un peu si tu vois ce que je veux dire. Du coup j’me suis fendu d’une réponse tu penses ! C’était tout bien comme il faut et pis chais pas pourquoi…le drame ! J’pars en vrille et j’lui colle une page de com. Ça m’a pris comme ça. Une pulsion, une envie profonde de me positionner… C’est quoi mon vrai combat ? Ma Causa ?! J’vous livre tout ça brut de décoffrage. Avec les mots naïfs qui sont les miens. Un brin de candeur aussi. Mais Bast ! Chuis anar donc utopiste par définition. Laissez moi rêver ! Lisez et retenez car ceci est ma parole !!

 

« Salut à Toi l’Ami !

Avant tout merci pour la dédicace, je ne la mérite pas. Ton com m’a fait chaud au cœur.

Pas si simple la vie hein. Faut faire avec ses contradictions, les gens qu’on aime. Faire chier un peu aussi ceux qu’on aime moins. Ne pas oublier de conchier ceux qu’on déteste ! Tu creuses ton trou pour y faire ton nid et au bout du compte c’est ta tombe qui surgit…Tout va trop vite. A trop vouloir comprendre tu t’es perdu. Tu es passé à coté des tiens.

On a probablement tous des problèmes de positionnement identitaire. Pas toujours à cause de la région d’où l’on vient. Parfois c’est plus général, plus politique ou plus  social. Tu te demandes si t’es pas en train de virer facho. Réac. Si t’as la bonne démarche. Si t’es vraiment de ce monde. Et pourquoi on nous casse les couilles ? Et pourquoi on n’arrive pas à vivre ensemble sans se prendre le chou ? Pourquoi y a autant de sales cons ? Et on est quoi nous ? Est ce qu’on a raison de se battre pour se faire admettre ? Ma cause est-elle juste ? M’a-t-on récupéré ? Suis-je manipulé ? Alors tu te démerdes avec ta conscience. Ce qu’elle accepte ou pas. Tes idéaux, tes valeurs, l’amour que tu portes aux gens, à ta région, à ton pays. T’essaies de bien faire. D’être à la hauteur de tes aspirations. Tu aides autour de toi. Tu te bouges pour les autres. Pour ta région. Pour ton Pays. Avec plus ou moins de bonheur. Des fois tu te vautres dans ta connerie. D’autre fois tu ne saisis pas la démarche d’untel. Tu t’offusques. Tu réagis.  Tu vis quoi. Tu tentes seulement de créer une harmonie autour de toi pour supporter le vide à tes pieds. Parce qu’à bien y regarder… tout ça c’est bien des foutaises mon gars ! Et s’il n’y avait pas tous ces connards avides ben on en serait peut être pas là ! Mais il y a aussi des gens comme toi, Moris, le plébéien bleu, moi, d’autres…De ceux qui ne veulent pas marcher sur la tête des autres. Qui refusent l’intolérance, jamais contents du sort qu’on leur fait. Qui la ramènent. Qui vont de la gueule. Qui voudraient bien qu’on les regarde comme eux voient les autres. En toute égalité. Sans convoitise. Sans idées de profit. Sans intérêt autre que celui de découvrir un autre être humain, ses valeurs ses croyances, ses peines. Ses joies, ses talents ses défauts. Pour échanger. Transmettre. Donner. Respecter. Accepter. Autant de mots qui s’égarent lorsqu’apparaîssent les Avides. On convoite. Spécule. Rejette. Soumet. Asservit. Tue. On fait souffrir. Pour mieux jouir. Mieux maîtriser. Dominer. Vaincre. Être au dessus du lot. Fini l’égalité. À quoi bon échanger si je peux piller. Pourquoi donner quand il est si facile de prendre. De force s’il le faut. C’est pour leur bien. On les aidera après. Et l’autre dans tout ça ? Ben l’autre tu le rencontres plus. Tu le colonises. C’est officiel maintenant. T’en es fier j’espère. Pareil pour le Pays Basque. Mais j’vais pas m’étendre. J’ai pas les connaissances. Pas encore mais je sens que ça va vite venir. J’aime l’identitarisme. J’aime les gens qui revendiquent une culture. Une langue. Un Passé. Des traditions. Et qui veulent les partager. Les transmettre. Les pérenniser. Je chie sur la gueule  des protectionnistes de tous crins. Des Ultras ceci, Des « la France aux français », des " les étrangers dehors" alors que le monde est un village, des mondialistes de mon cul qui ne voient que par le trou de leur pince à billets. Vive le partage. Le métissage. Rien ne t’empêche de garder dans ce cas ton identité et d’en faire profiter les autres. Autant de choses à découvrir… Un monde à nos pieds… Et y a encore des cons pour tout piétiner !

J’ai souvent honte ces temps ci.

Pour Toi, pour Nous, pour Eux, Viva la Causa !!

Ps : J’voulais pas faire si long et chuis parti en live. Désolé pour ça et à très bientôt. »

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Samedi 10 décembre 2005

Ça commence plutôt de travers en fait. Je suis dans ce train qui s’enfonce comme un suppositoire dans le cul de la nuit direction Paris. J’ai le cafard. Pas envie de partir. De cette soirée. De cette ville. Loin d’Elle. Mais j’vais retrouver la Famille Tas de Sable ! Les potes ! Alors d’où vient ce petit goût amer ?! Ah l’amour…Bref, malgré toutes  les joies qui m’attendent j’ai un rien le Blues.

Pis c’est le Dawha dans le wagon. Y a un pochtron qui se fait débarquer manu militari avec moultes locutions ordurières à l’usage des contrôleurs et forces de police arrivées en renfort «  ta mère suce des pines derrière la gare de Bayonne pendant que ton père sodomise ton nounours enculé ! », « arrêtez d’me toucher ! Vzêtes pédés ou quoi ?!  C’est bon j’descends ! Toutes manières, pas demain la veille que j’prendrais le train avec des enculés comme vous tas d’bouffeurs de culs » etc. L’a l’alcool homophobe le Monsieur. Mériterait sa calotte dans la face le bougre.

Bon, j’trouve ma place. P’tit coup d’œil circulaire. Pas de lézards. Devant moi un couple tout mignon. Derrière personne à coté d’une bonne sœur ventripotente à l’air revêche walkman en serre tête façon Neuilly. Pas l’air facile ce mariage avec Dieu, c’est bien du souci. Genre allez j’vais taper un Mars, on reste dans le panthéon et c’est l’bide qu’en profite. C’est vrai quoi ! T’imagines toute ta vie avec un type que tu vois même pas ! Y a de quoi péter un câble. En plus t’es habillé par la maison passe muraille, putain le look ! Tout gris ou noir et blanc. Limite sépia, comme d’une autre époque…Evanescents qu’y sont. Genre y sont discrets mais tu vois qu’eux. Parait que ça facilite l’humilité. Pas se la péter parce ce qu’on est à la colle avec le grand Barbu. Bon j’arrête j’vais m’faire des amis encore !! Alors à ma gauche, un type qui pionce. À ma droite la fenêtre du suppo par laquelle on ne voit que du noir ça va de soi.

Musique dans les oreilles. Commence par Trust, Tous ces visages, histoire d’avoir bien les boules pis après un tit coup de Lou Reed, Wokone de ouaille tsaïdhe,  Pis les Doors, braique one trou, pis plus d’piles ! Rhaaa !! Pas glop ! Jvais pouilldé* la sister, doit bien avoir des piles ! Va m’la filer ma AAA* et vite fait bordel ! Faut aider les plus démunis. Pis elle écoute quoi dans son walkman ? Peut pas être mieux que le Led Zep que j’me prévoyais. Whoua !! Bonjour la haine du clergé tout d’un coup. Alors c’est ça ? Quand t’es pote avec dieu t’es jamais en rade de batteries ?! C’est une vengeance ? Un signe ?! Allez Louhia ! J’abjure ! Je conchie l’athéisme ! Voue mon agnosticisme aux gémonies ! Allez Louhia ! File moi une pile s’te plait ! Mais peau d’balle ! Que t’chi ! Macache ! « T’as pris mon église pour une épicerie ! Va chez carrouf* ! Si tu veux écouter d’la zique t’as qu’à chanter des cantiques avec ma femme. Ouais la moche là derrière toi. J’ai pas l’choix non plus faut dire. Évidement si elles étaient toutes bonnes, y aurait plus de monde à la messe. Mais j’ai pas l’droit d’refuser. Bon m’emmerde plus avec tes piles ! Faut que j’aille chasser les marchands du Temple ! Allez à la revoyure et trouve la foi mon fils. ». Trop neuve ma conversion. Pas assez convaincue…  convaincante ?! Bref j’range mon fourbi. J’oublie de buter Batman qui dort emmitouflée dans sa cape. Vivante expression du sommeil du juste, le chapelet enroulé autour du doigt et les bras de l’homme invisible qui lui caressent la couenne dans un improbable moment de béatitude que seul les rêves peuvent apporter…Fait chier !

Tickets siouplait !! Joie du contrôle quand t’es en règle. Problèmes devant moi. Le petit couple à des billets partout. Trouve pas le bon. Ça tarde. Le p’tit chef commence à s’impatienter. Sont anglophones les amoureux. L’autre comprend rien. Fait pas d’efforts. Commence à verbaliser. Bon allez, j’m’en mêle. Traduction. Explications. Récupération des titres de transports dûment validés. Excuses du mec en uniforme. Retour à la case départ. Sauf que… Le p’tit couple sort une bouteille de rosé. Le p’tit couple sort des verres. Trois. Et on boit un coup bordel. Et on tchatche. Lui, anglais, d’Oxford. Elle sud  africaine de Namibie en fait. Se sont rencontrés à Oxford, pas à la fac, dans un pub où elle sert des pintes aux p’tit gars. Ont décidé de partir faire le tour de l’Europe. Un mois Dix huit étapes. Tout ça en train. Et en tout bien tout honneur. Pas touche la jolie rousse. J’vous avais pas dit ? Elle ressemble à Marlène Jobert dans « le passager de la pluie ». Lui c’est pas Bronson. Plutôt le genre grand, sec et amoureux transi. J’y vais d’mon compliment comme quoi c’est dommage. Y vont si bien ensemble. Et un peu de patience. Et qui sait ? Et Elle Le trouve pas chouette le garçon ? Que si mais Elle a un copain en Namitruc. Et ça fait combien de temps qu’Elle l’a pas vu ? Ben un an mais on se parle au téléphone et sur le net… et demain on rentre en Angleterre et après bye bye. Ah d’accord ! Je vois. Qu’est ce qu’il attend l’autre pomme anglaise là ?! L’a rien compris ou bien ! Quand Elle le regarde Elle fait des yeux de vache amoureuse bordel mais y voit donc rien l’animal ! On cause, On cause et y a une bouteille de rouge qui apparaît. Putain c’est David Copperfield le mec ! On boit. On cause. Fort. Trop fort. Y a sœur Marie Thérèse des Batignolles qui pète une durit et qui rapplique au galop l’écume aux lèvres. « DOUYOU SPIQUE FRAINTCHE » ?!

« Mais oui madame » que j’fais !

« Ben profitez en pour la fermer alors, y en a qui voudraient DORMIR !! ».  

Tudieu, c’est beau le dévouement à l’œuvre. Bon on se  casse entre les deux wagons histoire de ne pas mériter un divin courroux. Y s’passe bien une heure et trois bouteilles pour qu’on se comprenne vraiment bien. On rigole comme des bossus quand un légionnaire, en uniforme s’il vous plait, fait une apparition. Belle bête. Trapu. Pas très grand. Une boule de nerfs et de muscles tatoués façon artisanale. Légionnaire quoi.  Y m’regarde comme ça et y m’dit « Spécholes force ? » ??

Y recommence « you ? Spécholes forces ? Commandos ? » ?? Mais il est pas bien !! « Meuh Neun !! » que j’fais. « Pas du tout du tout du tout ! » j’insiste.

« Ah excuse ! Mais t’as tout du Meuwine* américain et comme tu speakais en british j’ai cru quoi !! »

« WHOUA L’AUTRE !! OHH !! Tu m’as regardé ?! »

Pis j’me suis rappelé. J’ai pas le physique d’un ange. Plutôt Chéri Bibi. Pas loin de cent kilos. Pas loin de Deux mètres. Le crâne lisse comme un cul de bébé. Plus ou moins de gras sur le bide. Ça varie en fonction de mes périodes avec ou sans binouzes. Chéri Bibine des fois quoi. Mais bon c’est vrai qu’il a pas tout à fait tort le type…

J’rengracie. « Excuse aussi, des fois j’délire et j’me prends pour un beau gosse !! Y a pas d’offense mon gars !! »

«  Bon c’est cool. J’reviens de Guyane et j’ai ramené des plantes. J’avais envie d'faire partager mon bonheur ça vous dit ?! »

« Vive la Légion » qu’on a crié !!

Ça nous a pris deux heures de plus. Après on s’est collés sur nos sièges. Scotchés. Des étoiles dans les yeux. Un air nigaud.  

La Légion est partie patrouiller  à la recherche d’une menée subversive voire fumeuse…

J’avais mon p’tit couple tout gentil devant  moi. Y m’ont fait coucou bonne nuit. J’leurs ai fait coucou pareil ! Y se sont regardés. Et se sont roulé la plus belle pelle de l’histoire de la maçonnerie et des ouvrages cantonniers réunis ! C’est bô l’amour merde !

Alors ce voyage ? C’était pas Gonzo ça ?!



* Whouahh l'ôtre éh!! Tu t'es cru chez Gallimard? Si tu sais pas, tu cherches!!

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Mardi 6 décembre 2005

Voilà, c’est jeudi. Bon c’est normal. C’est en général ce qui se passe après le mercredi. Pas de quoi en faire un fromage. Sauf que…

Ce soir c’est le jour du « carnet bayonnais » !! J’attendais ça avec impatience ! Enfin j’vais rencontrer ces gens que je ne connais pas encore mais que j’admire déjà pour leurs blogs. J’vous en ai parlé l’autre jour. Vous savez Sophie, Boris Dia, le plébéien bleu, Je hais le printemps, zastaba… Tous les liens sont dans…les liens, enfin j’me comprends !!

Ben j’ai pas été déçu !! C’est vrai on s’imagine tout et n’importe quoi. Pouvais tomber sur une bande de beaufs sans frontières attachés au pays basque et Bayonne en particulier. Ou quelques ados encadrés par d’inénarrables post soixante huitards sur le retour ayant construit leur Larzac en « Euskalie ». Mais que nenni !!

Une bonne bande d’adultes ?! Rigolards et décoincés du cul et d’ailleurs. Apres les présentations d’usage tout s’est accéléré très vite et les discussions ont fusé. Argumentations en règle, titres de bouquins et citations de pages entières (bravo Kno, tu m’as troué le cul !!). Sujets divers et variés et même à l’occasion on a parlé de Blog et de « technique »…Pas longtemps d’accord ! Mais tu sens qu’il y a du répondant bordel !! Une bonne douzaine qu’on était. Rarement vu le temps passer aussi vite. Agréables rencontres. Vers vingt deux heures j’ai eu l’impression de participer à un pique nique avec des amis. Ne manquait que le soleil mais il était dans nos yeux. Il m’a fallu malheureusement partir assez tôt pour cause de train à prendre. Vingt trois heures. Le glas du départ sonne. Je les quitte la mort dans l’âme. Avec tout de même la certitude d’un plaisir retrouvé à notre prochaine rencontre c'est-à-dire le mois prochain au plus tard !!

Juste quelques mots encore pour vous supplier de voter pour le plébéien bleu http://leplebeienbleu.hautetfort.com/archive/2005/11/30/le-plebeien-d-or.html#comments au grand concours pour l’Euskal Web d’Or 2005 (sur cotebasque.net)  http://www.cotebasque.net/ewo.asp  !! Sa victoire sera la notre ! Et si vous ne savez pas pourquoi, faites moi confiance ! Il mérite de la gagner sa course de trottinettes !

Allez… Viva la Causa !

 

PS : J’avais pas d’appareil photo donc c’est sans vergogne que je pique la photo prise par Boris et en ligne sur son site.  q :) !!


par Pete publié dans : viva-la-causa
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Mardi 6 décembre 2005

Ouaiiiiiiis !! Je sais !!!! Ça fait huit jours et pas un mot !! Désolé pour ça… une semaine un peu Gonzo et un week-end genre la cerise sur le gâteau ! J’m’en va vous conter ça.

Bon, jusqu’à jeudi rien de notable. Course après le boulot. Problèmes de fric. Y caille. Mon coloc a rencontré une moitié. Cool, l’es moins là du coup j’vais pouvoir squatter la bécane et remplir les trous. Ben non, pas le temps. Genre mes nuits sont plus belles que vos jours !! Délires sur les jeux. Cossacks, échecs, Half Life !! En boucle jusqu’au matin. Apres, la gueule en vrac, les binouzes ingurgitées qui se vengent sauvagement. La tronche explosée par les images. Les yeux cachés dans les poches EEnnoooormmmmes !! Dors trois heures. Matin. Chercher du taf. Problèmes de fric. Etc. Ad libitum !! Jours atones pour nuits numériques. Ivresses de victoires aux vapeurs d’abbayes belges. Raisonnements à haute fermentation. Chaque soir m’emporte. Transmutation ! Le plomb en Or. Le chômeur fauché en  Dictateur fin stratège. Je reviens d’une terre inconnue dont j’ai sauvé le monde.

Tout ça ponctué par une actualité déprimante. Politique de merde !!  Prémices d’une campagne préélectorale agressive. Départ sur les chapeaux de roue du Nain magyar® (Jul inc.) pourfendeur de racaille à grands coups de karchers et charters que l’on redoute de voir se transformer en lance flammes et navettes. Talonné de près par Mr Von pinecity, jamais à la traîne, toujours à la recherche d’un improbable opportunisme, en l’occurrence l’immigration clandestine… Sans compter les Juppé, Jospin et consorts de droite comme de gauche qui nous promettent d’incontournables come back avec effets de manches, rodomontades, mea culpa j’en passe et des meilleures !!  

Pour le reste on ne parle que de « l’affaire d’Outreau ». Triste conclusion d’un procès inique. Reflet de la justice telle qu’elle est pratiquée courement de nos jours. Instruction à charge. Mise en abîme du sensationnel. Coups médiatiques. Gloriole et effet d’annonce. On nous matraque la gueule. Sont tous coupables. Sans rémission. Imparable. Les experts sont formels. Une Honte. Vous rendez compte, ces pov’gosses. Traumatisés. Future graine de gibet les pitchounes. Faut punir. Les coupables. Tous. Larmes et pathos à tous les JT ! Coupables, forcement coupables…

Et pis Non. Pas tous. On nous aurait menti ? Mais c’est scandaleux. Et c’est reparti pour la rengaine indignée. On regarde dans l’œil du voisin pour trouver la paille. C’est la faute au juge d’instruction. C’est la faute aux experts. C’est la faute aux media. C’est la faute à tout le monde et à pas de chance. On rejuge. On acquitte. On s’excuse Hein ?! On voulait pas. On s’est laissé berner. On va vous dédommager. Vous aller retrouver vos gamins. Votre dignité. Votre petite vie tranquille. Pis y a les indemnités hé hé ! Et le Président qui va vous recevoir ou si pas lui son premier, votre premier ministre ! Vous rendez compte ?! Pas tous les jours ça ! Pas donné à tout le monde ça ! Pis on va réformer. La justice et tout ça. La prochaine fois on ferra gaffe ? Pas se laisser influencer. Impartiale qu’elle va être la justice Moi j’vous l’dis ma bonne dame. Ça fait pas un pli ? Ça nous aura servi de leçon. Parole ! Juré craché ! On n’est pas idiots non plus quoi ! C’est vrai merde ! Comment ? Pardon ? Yen a un qu’est mort en prison ? Ahhh oui…Pas lu tout le dossier désolé. On fera le nécessaire. En temps utile. Une médaille peut être ? À titre posthume hein, malheureusement hein…  si c’est pas dommage ces gens qui meurent en prison. En voilà un scandale tiens ! Faut pas laisser faire ça hein ? Tout ce désespoir, cette misère c’est moche les prisons hein ? En voilà un sujet sensible. Bon c’est pas le tout mais on m’attend au palais allez, courage !! Vous verrez ça va se tasser. Un mauvais moment à passer. Au point où vous en êtes. Un peu d’plus ou d’moins… Allez mes condoléances à la famille du mort hein ! Faut que je file…

La justice est aveugle on lui a crevé les yeux.

Voilà la routine quoi…Pour vous dire à quel point je m’occupe.

Pendant ce temps là dehors c’est la tempête. Ça souffle dur Voyez vous même sur cette photo prise par un natif et envoyée à la Puce qui fit gentiment suivre.

Et le jeudi vint…Mais ça c’est une autre histoire.


par Pete publié dans : viva-la-causa
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Dimanche 27 novembre 2005

C’est dimanche. Quelle surprise !

Bon, personne en ligne. Journée morose. Pluie, froid, grêle. Le lot habituel depuis quelque temps. Je me distrais comme je peux. Vu quelques petites choses drôles sur la toile. Star Wars en vacances par exemple http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/01/44/87/divers/star-v.swf , (merci Thomthom),  Ahhh les vacances!! Un autre truc pas mal, http://www.pooxi.com/player.php?video=vache-combattante-matrix&pl=1#player , On ne se méfie jamais assez des vaches… C’est vrai, la définition du clip n’est pas des meilleures mais ça passe le temps. Tiens, en parlant du temps, j’ai reçu ça sur mon mail perso… A propos de la pluie. J’ai bien aimé. Ce sera donc ma dédicace pour la Fille à la queue de cheval en ce jour de spleen.

« Le ciel rosit rien qu’a l’idée qu’elle puisse apparaître. Les gens fourmillent dans les rues, se pressent. Ils savent eux aussi qu’elle ne va pas tarder. Les mouettes lentement regagnent les berges, une ambiance étrange envahie l’atmosphère. On ne peut l’expliquer juste la ressentir, c’est magique… Soudain  le ciel est lourd. Le vent se lève. Les feuilles crissent de joie, les  hautes herbes se pavanent. Les vagues entament une danse frénétique pour l’accueillir comme elle le mérite. Un coup de tonnerre fait tressaillir les pécheurs qui rentrent au port. On entend brusquement un cliquetis infernal, la voila ! »

 

Allez, « la tête haute dans la fumée des canons… »

 

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Samedi 26 novembre 2005

Neige à Paris. Grêle à Biarritz. Toujours aussi froid !

J’bois mon thé pour me réchauffer, un petit Genmaïcha de derrière les fagots. Thomthom m’envoie un lien vers un site marrant. J’y vais. http://ww.wu-m-p.org/index2.php . Bonne rigolade. Putain d’humour et pas mal de talent. J’vous conseille les MP3. Pour ceux qui naviguent avec Firefox il y a un player en haut à gauche. Avec Internet explorer aller sur les pages MP3. Lisez la charte, elle est pas piquée des vers.

 

J’ai pas parlé des banlieues. J’y ai vécu pas mal. C’était bien chaud. Pas envie de mettre de l’huile sur le feu. J’ai toujours considéré les périphéries urbaines comme des endroits à part. En fait c’est ce qu’elles sont devenues. Ce qu’on en a fait. Le début et la fin d’existences souvent tronquées parce que sans moyens. Pas ou peu de cinoches. Pas ou peu de loisirs. Pas ou peu d’aides en tous genre. Faut se démerder. Se battre sans cesse. Pour des MJC. Pour des terrains de jeux. Pour l’accès à la culture. Pour ne pas avoir l’air d’être les laissés pour compte du pouvoir. De l’état. La banlieue c’est le tapis sous lequel tu fous les merdes que t’as pas envie de ramasser quand tu balayes. Le tiroir à mauvais souvenirs que tu n’ouvres jamais, surtout pas pour le ranger. C’est le placard où s’entassent les rebuts que tu as la flemme de jeter. C’est comme ça que j’me sentais là bas.

Mais bon on parle d’êtres humains. Alors tu te bouges le cul. Tu milites dès que tu peux. Pas pour un monde meilleur, t’as pas le temps. Juste pour vivre un peu mieux. Juste pour aider tes proches, tes amis tes voisins. Tu fais ce que tu peux. Réseaux d’échanges de culture et de savoir. Cours d’alphabétisation. Initiation à ceci, découvertes de cela. Quand t’as besoin de  locaux tu vas pleurer à la mairie. Ton projet sous le bras. Mais t’es pas rentable, tu vas coûter des sous et rien rapporter. Tu veux faire visiter le Palais de la Découverte à des gosses de ta cité, t’as besoin d’un bus, d’un chauffeur. Le maire te regarde comme si t’étais Casimir en train de bouffer un gloubiboulga sur son bureau. Pour se débarrasser de toi y te file des tickets de métro. Allez cinq carnets. « Dites donc c’est un investissement ! On ne peut pas faire face. » « Attention, faites ça bien. Sinon plus d’aide. Accompagnateurs et tout le tremblement sinon gare aux plaintes des parents. » Et tu repars avec tes tickets de métro. Tu passe par le Bôoo jardin de la mairie et tu te dis que putain au lieu de foutre des grenouilles en marbre dans les allées y f’rait mieux de nous lâcher un peu de thunes l’autre gros enfoiré qu’en a rien à foutre des mômes qui zonent toute la journée. Pas son problème à lui ! « Z’ont qu’à s’occuper ». Entendu dans la bouche du maire de not’bonne ville m’sieurs dames. T’y retournes une autre fois avec un projet de réhabilitation d’un local désaffecté. Les ados qui font un peu de zique se sont cotisés, ont acheté du matos. Veulent réaménager, repeindre et insonoriser. Pouvoir sampler, rapper, jamer. Mais tu sais le gros là, y te fais comme ça « Je crois que ça va pas être possible… ». Ouais tu connais ça toi aussi !  Alors les gamins avec leur matos y font ça chez eux. Et ça fait du bruit. Et les voisins qui commencent à six plombes du mat le boulot à l’usine y renaudent. Ça monte. Ça gueule. Pis ça fini par cogner ou y a la maison poulaga qui débarque et là ça gicle forcement ! Des petits exemples de la vie telle que je l’ai vécue y a pas si longtemps que ça. A la fin j’étais persona non grata à l’hôtel de ville. « Marre de vos conneries mon brave ! Où voulez vous que l’on trouve les moyens pour vos demandes ? Soyez réaliste ! ».   

A force t’as l’impression qu’il n’y a jamais de crédits alloués. Que l’état n’est pas solidaire. Qu’on est des citoyens de seconde zone, putain je hais cette expression. Bordel on les paie nos impôts !! y font quoi avec le pognon ? Des uniformes pour les CRS ? Des nouveaux flingues pour la police ? Et nous ?

Je ne dis pas que la vie est plus dure en banlieue… même si je le pense. Je sais juste que la bonne volonté existe et qu’elle est mise à mal. Soumise à rude épreuve.

La banlieue par nécessité de survie est devenue un microcosme. Mais elle est représentative de la société telle que Nous la construisons. Et à ce titre on y retrouve les vices mais aussi les vertus de l’homme. Y a des cons partout disait mon père. Mais des gens biens aussi et les proportions restent peu ou prou les même. La drogue t’en trouve partout. La violence, la délinquance, les rackets, les viols, les tournantes, les bracos…Partout ! Alors cherche pas la merde en banlieue mec tu l’as en bas de chez toi. Mais c’est toujours plus simple de regarder chez les autres. Tu sais la paille dans l’œil du voisin etc. Et pendant les « événements » comme on dit sur Tf1 on ne parle pas du reste et c’est ça qui compte pour cacher la merde du chat. Gare à l’intox les p’tits loups !!

Pour eux et nous, Viva la Causa!!
par Pete publié dans : viva-la-causa
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Vendredi 25 novembre 2005

Quand ma sœur est morte elle était à peine enceinte de la mort de mon père. C'est arrivé neuf mois après.
Il a pas supporté de voir sa fille comme ça. Diminuée, affaiblie. Squelettique, sans forces, essayant encore de donner le change à Papou. Il a craqué Papou. Lui, le roc, l’imperturbable, l’impénétrable. Le self made man comme y disaient fièrement dans la Famille en Italie. Faut dire qu’on est ritals depuis pas mal de temps apparemment. Lui, l’Implacable, le courageux s’est écroulé. Comme une chiffe, rien n’y a fait.

C’était la goutte d’eau... Bordel ! Sa fille préférée ! l’aurait voulu que ce soit lui à sa place et toutes ces choses qu’on pense quand on t’arrache la chair pour la mettre dans une boite. Qu’on fait cramer tout ça. Qu’on disperse ce qui reste après la grande flambée. Au pied d’un chêne. En plein hiver.  Suis sûr qu’il savait déjà. Ça devait le bouffer un peu plus. Y savait qu’on allait remettre ça dans pas longtemps. Que ce serait sans lui. Qu’il serait, ce jour là, ce qui reste après le beau feu de tristesse. Cette espèce de moutonnement grisâtre qui sort doucement en volutes plus ou moins régulières pour finir au pied du chêne. Le même. Sûr qu’il espérait juste que ce soit pas en hiver. C’était bien caché encore. Derrière l’eau dans ces yeux. Dans son sourire. Dans sa façon de baisser la tête en marchant. Larmes et morves sur le menton. Dans son écharpe qu’il en avait plus rien a foutre de serrer autour de son cou.

J’ai pas pleuré quand ma sœur est morte. Pour pleurer faut être vivant. J’existais même plus. Quand tout le monde est parti de dessous l’arbre j’ai juste pris mon diabolo et j’ai jonglé (à cette époque je bossais dans un cirque près de Paris…). Comme un fou. Je lui ai fais le plus doux spectacle pour lui dire que pour nous ça continuait. Que Carpe Diem. Que j’avais mal de son absence, de ses souffrances. Mal de la peine de mes proches. Que merde, pourquoi t’es plus là Bouillette ?! Puis j’ai rejoins les autres. Voitures. Maison. Mon père est venu me voir. Mis sa main sur mon épaule, m’as dit comme ça « Fais comme tu veux mais si j’vois le Beauf, j’le crève. » Le tout en italien histoire de donner du poids à sa phrase. J’ai fermé les yeux. « M’en occupe. » j’ai dit.

L’était pas blanc-bleu le beauf. Jusque là c’était la vie rêvée, ma sœur à la colle avec mon meilleur pote. Mais y a rien qui dure toujours comme dit Jonasz. L’avait sa part de responsabilités dans la mort de ma sœur comme on dit au tribunal. Et là, plus question de jugement. Trop Tard. Fallait pas. L’a déconné grave le beauf. J’vais vous la faire courte. Lui tox, loin d’être con, y travaillait encore quand il avait le temps. Entre deux magouilles. Faut du blé pour la dope.  Elle savait. Pour tout. Les stups, les carambouilles, les conneries faites ensemble. Tout. Moi, j’disais faites gaffe ! Mettez des presos, coûte pas cher le latex. Si vous voulez j’en ramène y en a plein à Act Up. J’militais là ces derniers temps. Faites un test pour savoir. Eux, ouais pas de problèmes, arrête de flipper, tu fous des mauvaises vibs !! Jusqu’à ce jour de juin, Place Clichy où je les ai croisés.

_ Alors ce test, c’est fait ?! 

_ Meuh bien sûr que oui !! Tu m’prends pour qui, un inconscient ?!

_ Ben j’finissais par m’demander ! Bon cool on va boire un pot, une chtite binouze ça vous dit ?!!

Et nous voilà partis. Ma sœur a pas bronché de la soirée. Comme si elle avait une baleine de soutien gorge coincée quelque part. Pas dans son assiette j’me suis dit. Pis on a rigolé, déliré, fait des projets pour eux, pour moi.

Le fin mot de l’histoire je l’ai eu plus tard.

Ma sœur à l’hosto. Cancer de l’utérus. Opération envisagée. Examens divers, prises de sang, test HIV. Positif. Plombée. Par la suite on saura que ce type de cancer est fréquent chez les jeunes femmes séropo. Qu’elle était infectée depuis bien plus longtemps que cancéreuse.

Elle avait fait un test négatif avant de sortir avec Bibou, c’est le Beauf. L’autre enculé qui m’avait dit que tout allait bien. Y s’est fait tester du coup. Evidement positif. Sermon des médecins « vous rendez pas compte, inconscient, comportement criminel etc. » J’en ai pas rajouté. Y avait du dégoût quand je le regardais. On ne s’est plus croisés que dans la chambre d’hôpital. Elle ne voulait plus le voir à la fin et lui sur son nuage croyait qu’elle allait guérir. Qu’ils partiraient loin tous les deux. Alors que le crabe l’avait déjà bouffée presque entière.

Pour mon père c’était clair. Il l’avait tuée. J’étais plus nuancé. Ils étaient deux sur ce coup là. Elle aurait pu faire attention pour lui. L’avocat du diable quoi. Au fond je m’en voulais de ne pas avoir été plus direct. Plus cinglant. Plus méchant avec eux. Ça aurait changé quoi ?!

 

On a sonné à la porte. Mon père s’est levé. J’ai dit « laisse, j’y vais ! ». C’était le Beauf. Voulait s’excuser. Dire sa peine à ma famille. Défoncé. Jusqu’aux ouies. L’ai pris par le bras. Fermé la porte. Accompagné dans l’ascenseur. « J’voulais pas ça mec » qu’y m’a dit.

 J’ai rien pu faire. C’est parti tout seul. Mon poing dans sa gueule et les larmes en même temps. Méthodiquement je l’ai explosé. Son bras qui passe devant moi. Son poignet dans ma main. Frappe son coude à lui. Déboîté. Il hurle. Mon coude dans sa gorge. Il tombe. Plus de souffle. Plus de bruit. Les coups qui giclent. Ses cotes qui cèdent. Crache du sang. Mes mains comme des pilons. Sa tronche comme un steak tartare. L’ascenseur  a descendu ses sept étages. J’ai descendu le Beauf. On est par terre tous les deux. Mes larmes coulent encore sur son sang qui pisse.

_ Mon père veut plus te voir dans le coin t’entends ?! Sinon lui y t’crevera !

L’ai sorti de la petite cabine un peu sanglante. Suis remonté. Mon père a demandé « Qui c’était ? » Il a regardé mes mains en sang, mes fringues à jeter. « Qui c’était bon Dieu ?! »

« Les témoins de Jehova » « Y reviendront plus ». « M’en suis occupé ». Il a presque souri.

 

Ai fait un test Deux mois après. Négatif.

 

C’était il y a dix ans aujourd’hui. On n’oublie pas vraiment. On continue c’est tout.

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Jeudi 24 novembre 2005

Chuis d’humeur nostalgique en ce moment.
Normal, c’est bientôt l’hiver, plus de boulot, un rien fauché. Mais bon rien de dramatique. Le boulot je cherche et la thune ça reviendra. J’me les gèle. Y caille grave et pas de chauffage. Mon coloc s’en fout. Il est né sur un iceberg, il a grandi dans un igloo. Y sort en tee shirt! Doit être sponsorisé par Damart®. À mon avis c’est le résultat d’une expérience génétique. Mi homme mi Damart ®, homart quoi. Hmm, Hmm… Désolé…

Naann! J’vais pas vous la jouer autofiction pour bobo nostalgique, C’est juste que comme je vis sur la banquise, un coin légèrement au sud de l’Alaska, (un appart sans chauffage à Biarritz)  pour activer ma circulation sanguine, je surf sur la putain de Toile. J’me renseigne sur la région, Moteur de recherche, Bayonne Blog, enter. Là, T’as pas le choix, le premier, le deuxième c’est Moris Dia http://baiona.over-blog.com/liste-article-blog.php . La fille à la queue de cheval me l’avait montré. M’avait paru intéressant. Pas eu le temps de l’éplucher. C’est le moment.

Bref aparté, Dia  c’est une expression du coin, comme Té ou Vé à Marseille.

Ex : "Dia ! Tu as le diable dessus !!" Bon, c’est pas qu’une expression mais j’vais pas me taper un cours de sémantique maintenant !! Ceux qui sont intéressé, moteur de recherche etc." Et Voilà" ! "Pareil" ! Merde j’membourbe, encore des « expressions ».  Désolé pour les natifs, suis pas d’ici et autant vous vous foutez, avec beaucoup d’humour c’est vrai, de notre accent parisien, autant pour moi c’est délicieusement agréable d’entendre le votre, vos manières de dire. Mais y a pas d’offense.

Alors je clique. J’vais dans les articles, Hmm, hum... Intéressant ! C’est varié, bon esprit pour ce qui me concerne et là encore y a pas d’offense, plutôt un compliment. Photos, belles, actus régionales vachement poussées. Belle argumentation sur l’actu internationale, bonnes cibles bons commentaires et des liens d’enfer !! Radio blog, J’connaisais pas, mais j’sais pas grand-chose…Le type maîtrise bien son environnement, son ergonomie. Facile à naviguer, bien conçu, un régal. ET ?! Ben en fouillant dans les liens suis tombé sur un autre blog de l’enfer. Le plébéien bleu  http://leplebeienbleu.hautetfort.com/ . Vache de Blog. Tu sens le Type qu’a compris pas mal de choses. Bon d’abord j’adore le bleu. Ben quoi y a pas de mal ?! Mais ces deux blogs c’est comme des bons sites, tu te régales à toutes les pages. C’est léché, c’est fin. Ça cartonne grave ! Enfin, j’y connais rien mais y m’ont impressionné les deux !! Pis y a Sophie. http://musique-et-photos.over-blog.com/ .  Elle est trop belle quand elle écrit. Quand elle écrit pas chais pas, mais j’imagine…Pis j’la comprends, pas facile l’écriture et tout ça…

Tout ça pour dire que vu le moral du jour j’me suis intéressé. Et sur le plébéien bleu j’ai lu des choses qui m’ont fait réfléchir. A propos du Pays où je vis sur les gens qui m’entourent sur le problème Basque comme on dit ?! La Politique.  Alors quoi ? On est en guerre et personne ne le sait ? Qu’est ce qui se passe ? C’est quoi ces prisonniers politiques qu’on déplace, qui font des grèves de la faim pendant plus d’un mois ? Tiens le Basque est une langue reconnue et utilisée au sein des institutions européennes. Pour en savoir plus un tour sur le merveilleux blog Le blog de la ville d'Espelette - Ezpeletako herriaren Bloga  .

Alors on a dans nos prisons des types plus dangereux que Saddam Hussein si je m’en réfère aux traitements qui leur sont infligés. J’ai même vaguement l’impression que pour certains Guantanamo serait un petit paradis. Et pas un mot au JT ? Putain j’comprends pas ou plutôt trop bien. Un truc est sûr, on nous bourre le mou ! « On nous cache tout on nous dit rien ». Aux infos c’est le blocus, idem presse écrite sauf régionale pour ce que j’en vois. Comment peut on passer à coté de ça ? Ça rappelle de très mauvais souvenirs. C’est limite totalitariste comme comportement de la part de la patrie des droits de l’homme. Mais j’appréhende encore mal la question dans sa totalité, globalité comme on dit. Y me manque des données. La seule chose que je sais, c’est que viscéralement ma sympathie va vers les Basques et pas vers ceux qui taisent et contiennent. S’il y a contention, il y a violence, répression, déni, oubli, destruction. Tortures, souffrances, pressions, mort. Je ne peux que hurler. Absolue injustice au nom de quoi ?

J’me recarde et j’vous tiens au courant. En attendant, Viva la Causa !

PS: Merci à tous pour votre participation à l'animation de ce jeune blog. VLC!

PPS: Une pensée pour La Fille à la queue de cheval. J'espère que tu vas mieux. Tu m'as manqué. Adiooo!!

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Mercredi 23 novembre 2005
                                                                                                    
                                                                                                     Neige à Paris...22/02/2005.


                                                           
Même jour, 22.000kms de... Distance.
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Mercredi 23 novembre 2005

« N'avoir rien pour partir vite. Un bon guerrier toujours sur le qui vive.

La guerre m'a usé. L'indépendance n'est qu'une chimère. J'apprends à faire confiance. Croire en l'autre. N'être plus seul. »

Y’en a un qui va reconnaître quelque chose…

J’écrivais à un ami, un de ceux dont la liste n’est pas si longue. Et les mots se sont couchés. Au bout de mes doigts. Juste comme je pensais. Non, plutôt comme une image de ma pensée. Alors j’ai gardé. Pour en parler. Savoir…

Alors la vie c’est ça ?!

Une putain de guerre ?!!

Pas sûr…

Pas pour tout le monde ???

Ben si ! Certains commencent juste plus tôt que d’autres…

Parfois c’est même toi qui amènes la guerre chez les autres. Tes parents, la femme que t’aime, tes potes… Bref, tu fous la merde. Comme si la vie sans ennuis c’était pas la vie. Comme si vivre vraiment c’était franchir des obstacles. Mais quand t’y repenses…

Les souvenirs des femmes que t’as aimées sont comme des toiles d’araignée accrochées aux arrêtes vives de ton cœur éclaté. Enfin ça c’est ce que tu te dis pour pouvoir te regarder dans la glace de temps en temps. Mais souvent t’as tout fait, j’ai tout fait, foirer juste pour ne pas avoir à demander ce qui n’allait pas. Après y a le feu qui couve sous la blessure qui voudrait cicatriser. Après c’est du sursis, tu penses comme ça. Alors Carpe Diem et tant pis s’il en reste pas pour les autres. Chaque instant passé près d’elle, chaque regard tendre, chaque attention, tu te goinfres. Tu sais que la fin est là, pas loin même si des fois pas loin ça veut dire des années. Toi tu sais. T’as compris. C’est mort. Puis c’est elle qui comprend. Y a plus de regards tendres, d’attentions, tu passes de moins en moins près d’elle. Et tu t’aperçois qu’elle souffre, qu’elle en est malade. Elle te quitte. T’as mal. Elle aussi. Mais toi t’as l’habitude. Pas elle. C’est ça la guerre souvent. Après faut compter les troupes. Vérifier l’artillerie. Colmater les brèches et repartir. J’fais ça depuis tout petit. J’ai de plus en plus de mal. Et y pas qu’en amour…

Alors tu repars avec ta jambe de bois. Ton œil de verre. Ta main en plastique. Ta bite et ton couteau. Tu rencontres une femme, une autre. Et t’oublie, enfin j’me comprends. Tu n’oublies jamais. Mais tu rénoves la maison, tu fais le nettoyage de printemps. Tu fourres les cadavres dans le grenier et t’essaies de bien faire. T’es plein de bonne volonté. Et tu morfles. Tu t’fais écrabouiller comme un bébé moineau tombé du nid sous les pas d’un passant le nez au vent. Tu croyais être compliqué. T’es qu’un puzzle pour 6-8 mois. Trois pièces et c’est marre. Elle c’est 12-15 ans, 3000 pièces et plus. Et tu morfles. Et c’était pas le moment. Et ça fait putain mal !! J’ai testé pour vous.

Le plus chiant c’est qu’il y a une fille qui dit la même chose de moi quelque part à Paris.

 

J’ai rencontré quelqu’un comme on dit. On l’appellera « la fille à la queue de cheval ». J’aime bien cette révérence à Taïbo 2. Elle aime la pluie. L’orage. Elle est imprévisible. J’vais essayer de la rendre heureuse. Elle me rend heureux. Pas envie qu’elle ait mal à cause de moi. J’y arriverais. Je veux me souvenir. Chaque jour j’ai mal. Je ne veux pas ça pour elle. Rédemption sans sacrifice. Fuck les rituels.

Si seulement y avait pas ces putains de toiles d’araignée…

par Pete publié dans : viva-la-causa
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Bouquins








 

Quelques auteurs qui savent me faire rêver.
Paco Ignacio Taïbo 2, toute son oeuvre est pur plaisir. "Cosa facil", "Même ville sous la pluie"... Les joies et déboires d'Hector Belascoaran Shayne, privé mexicain. Humour, cynisme, mélancolie, descriptions inégalées du grand DF. Le charme d'une ville corrompue!


Une autre grande pointure de la littérature, nord américaine cette fois.
James Lee Burke.
Surnommé à juste titre "le Faulkner du roman criminel". Description d'un monde en déliquescence au coeur d'une Louisiane minée par la corruption (encore et toujours). La saga de son héros, Dave Robicheaux,  vous transportera dans une région merveilleuse aux senteurs de bougainvilliers. Mais ici s'arrête le bucolisme vite rattrapé par la réalité d'une vie faite de hantises et d'espoirs déçus...


Encore du désespoir, de l'alcool, des faiblesses humaines...
James Crumley.
Je le laisse vous faire l'article:
«J’ai ceci de commun avec mes détectives : je m’y prends aussi mal qu’eux, je suis aussi aveugle, je tombe sur des trucs par hasard ou maladresse, et quand je découvre quelque chose, c’est généralement ce que je préférerais ne pas savoir ; dans ces moments-là, mes détectives se noient dans des rivières de whisky ou s’automutilent d’une manière ou d’une autre.» © LIRE.  Extrait d'une interview pioché au hasard de de mes navigations sur l'excellent site www.lire.fr.
Les serpents de la frontière, La contrée finale, Le dernier baiser, La danse de l'ours, autant de raisons de lire ce type!!


Avec un peu de retard... Donc je vais juste reprendre les mots de La Puce...
"un écrivain de polar comme on les aime, avec un sens de la formule aussi délicieux que le premier béhenne qu'on trempe dans du lait froid après des mois d'oubli : Andrea.G Pinketts. Je viens de déguster "la madonne assassine", ça m'a donné les crocs, je sens que je vais prendre du rab ..."
Une adresse parmi d'autres...toujours dans les liens.




Il pleut en amour----Richard Brautigan un régal, à lire et relire encore. Toujours!

       

http://empirezine.com/spotlight/brautigan/brau-bio.htm  Site dédié en Anglais.

http://jimharrison.free.fr/RichardBrautigan.htm   Site dédié en Français.


Pour un Tour chez les Diggers et la contre culture américaine vue de l'intérieur...
Ringolevio,
d'Emmett Grogan.

        

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