







Petie fiction à l’intention de Mâame Talante qui s’retapissera d’elle-même quand y faudra.
C’est la fermeture du troquet. Gérard essuie ses dernières tasses à café. S’en veut d’avoir balancé ce type. C’est vrai quoi, qu’est ce qu’il en avait à foutre des autonomistes... Il était parigot cézigue. Les basques c’est pas son problo, Quand il l’avait retapissé en lui louant une carrée l’avait gambergé vite fait et coup de bigo aux cognes dans la foulée… En espérant que l’commissaire allait s’en souv’nir et fissa ! l’avait pas eu d’mérite, la tronche du type s’affichait sur tout les journaux, on voyait sa trogne dès qu’on allumait la tévé. Un terroriste qu’y disaient. L’ennemi public et tout l’toutim. N’empêche, c’est pas des choses qui s’font dans l’mitan. Sa réputation en prendrait un coup si ça s’savait. L’avait déjà assez d’soucis comme ça. Bon, ça lui f’sait un bon point pour faire sauter sa trique. Douze berges sans s’baguenauder à Paname ça f’sait lulure, merde ! Ça l’démangeait le Gégé d’aller crapahuter rue Montmartre et à Pigalle. Des images lui revenaient, du temps où y marnait dans l’pain d’fesses. Pas dans la radasse hein ! Nan, dans l’grand luxe, boxon avec pignon sur rue et condé en bonne et due forme. Même les flics y v’naient s’faire éponger à gratis ! Pis, un peu d’recel de ci-de là, d’la joncaille et des lingots…et la connerie qui pardonne pas, le butin d’un braco qu’avait mal tourné, jet d’raisiné des deux cotés, cavale rapide et sans exigences de la part de l’unique rescapé du carnage. Une aubaine en quelque sorte. Le mec avait pour ainsi dire bradé sa marchandise. Manque de bol la tête d’un bourre c’est sans prix, y s’était vite fait serré le connard en fuite. Et Gérard aussi comme de bien entendu. Y z’y ont fait un blaud, pain d’fesses et recel, quinze piges à Fresnes et tricard à l’issue pour vingt ans. Y s’faisait chier à Monluçon, Allier, Centre France.
Une affaire comme ça c’est sûr, c’était l’grand retour dans la capitale. Et machinalement tout en réfléchissant, y posait ses tasses sur le comptoir. Les blanches, pour le café, s’alignaient devant lui en forme de croix et les vertes, pour le déca, traversaient cette croix par les diagonales. « Tiens on dirait presque le drapeau basque » pensa Gégé en posant la dernière tasse. « y a même du rouge… » eut-il le temps de penser en voyant son sang éclabousser les tasses sous l’impact de la balle de 11,43 à tête creuse chemisée cuivre qui lui pulvérisa le crâne.
Bixente, le frère de Benat Etchegarray que Gérard avait balancé, regardait songeur le comptoir et ne pût s’empêcher de faire l’ Agur Ikurina, le Salut au drapeau basque.
Ps : les personnages de cette historiette sont tirés de mon imagination et ne sauraient etc. Merci.





LA VIE S'ÉCOULE, LA VIE S'ENFUIT
La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies
Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence
Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête
Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats
Paroles de Raoul Vaneigem,
musique de Francis Lemonnier
CHANT DU DRAPEAU NOIR
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi cette teinte sinistre?
L'anarchie est faite d'espoir
Et la mort n'est pas son ministre.
Nous portons le deuil des méchants
Des ambitieux et des cupides,
Des capitalistes avides
Qui font couler du sang
pour leurs penchants.
Nous annonçons l'approche
du Grand Soir
Où les tyrans iront au pourrissoir.
Le capital engendre tous les crimes
Et nous portons le deuil de
ses victimes.
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi la couleur fatidique?
Nous portons le deuil du pouvoir,
De l'État, de la Politique.
Nous voulons notre liberté
Et proclamons : Quoi qu'on dise,
Chacun pourra vivre à sa guise
Quand sera mise à mort l'autorité.
Nous annonçons la fin des potentats
Filous, voleurs, menteurs et apostats.
La liberté rend égaux tous les êtres
Et nous portons le deuil
de tous les maîtres.
Pourquoi ce drapeau teint en noir,
Couleur d'une grande tristesse?
Les hommes, enfin, vont avoir
Leur commune part de richesse.
Nous portons le deuil des voleurs
Qui tous les jours font des bombances
Pendant que, dès leur prime enfance,
Péniblement triment les travailleurs.
Nous annonçons humaine société
Où tous auront bien-être et liberté.
Du patronat les formes sont maudites
Et nous portons le deuil des parasites.
Pourquoi ce drapeau teint en noir
Ainsi que le corbeau vorace?
Les humains viennent d'entrevoir
Qu'ils sont tous d'une même race.
Nous portons le deuil des soudards
Vivant de rapine et de guerre.
Les peuples veulent être frères
Et des nations brûlent les étendards.
Nous annonçons l'ère de vérité,
Ère d'amour et de fraternité!
Des généraux l'existence est flétrie
Et nous portons le deuil de leur patrie.
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Est-ce une religion suprême ?
L'homme libre ne doit avoir pour
penser nul besoin d'emblème!
L'anarchiste n'accorde pas
A ce drapeau valeur d'idole,
Tout au plus n'est-ce qu'un symbole,
Mais en lui-même il porte son trépas
Car annonçant la fin des oripeaux
Il périra comme tous les drapeaux.
En Anarchie où régnera la Science,
Pour tout drapeau, l'homme
aura sa conscience !
Chanson de Louis Loréal (1922)

LE PERE LA PURGE
Je suis le vieux Père Lapurge
Pharmacien de l'Humanité
Contre sa bile je m'insurge
Avec ma fille Égalité
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers
Son mal vient des capitalistes
Plus ou moins gras à la ronger
En avant, les gars anarchistes
Fils de Marat, faut la purger !
J'ai du pétrole et de l'essence
Pour badigeonner les châteaux
Des torches pour la circonstance
A mettre en guise de flambeaux
J'ai du picrate de potasse
Du soufre, du chlore en tonneaux
Pour assainir partout où passent
Les empoisonneurs de cerveaux
J'ai des pavés et de la poudre
De la dynamite à foison
Qui rivalisent avec la foudre
Pour débarbouiller l'horizon
Le gaz est aussi de la fête
si l'on résiste à mes joyaux
au beau milieu de la tempête
je fais éclater ses boyaux
J'ai poudre verte et mélinite
De fameux produits, mes enfants
Pour nous débarrasser plus vite
De ces mangeurs de pauvres gens
J'ai pour les gavés de la table
La bombe glacée à servir
Du haut d'un ballon dirigeable
Par les toits pour les rafraîchir
Voleuse et traîtres, bourgeoisie
Prêtres et bandits couronnés
Il faut que d'Europe et l'Asie
Vous soyez tous assaisonnés
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers
Paroles et musique de Constant MARIE.







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