







Au moment où l’on parle du tristement célèbre GAL, on entend beaucoup moins parler de la 7ème session de l'Instance Permanente aux Questions Autochtones sise à New York du 21 avril au 2 mai. Durant celle-ci, une délégation Basque d'Iparralde (Pays Basque Nord) revendiquait l’application des droits des peuples autochtones, ratifiée par la France en 2007, au cours de plusieurs prises de parole.
Pour mémoire :
« M. FABIEN FIESCHI (France) s’est félicité de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il a rappelé que son Gouvernement avait soutenu l’ensemble des engagements pris au niveau multilatéral en matière de promotion et de protection des droits des autochtones. En vertu du principe d’indivisibilité de la République, il a cependant souligné que les droits collectifs ne peuvent prévaloir sur les droits individuels. Le représentant a réaffirmé en conclusion l’attachement de sa délégation aux normes internationales des droits de l’homme, que cette Déclaration ne fait que renforcer. »
Cette délégation a pris la parole à travers les voix de madame et messieurs Audrey Hoc, Ortzi Hegoas, Manu Torre et Xan Marguirault.
Ces interventions ont fait l’objet d’un retentissement considérable comme le confirment les comptes rendus officiels de l’ONU.
Le peuple doit vivre !
Ortzi Hegoas
Instance permanente sur les questions autochtones
Septième session
10e séance – matin
« … M. XAN MARGUIRAULT, Délégation citoyenne basque du Pays basque Nord (Autonomia Eraiki), a indiqué qu’il y a un peu plus de 30 ans, les Basques du Nord, sous-administration française, prenaient les armes pour résister à la politique d’ethnocide menée par l’État français. Aujourd’hui, c’est sans armes ni cagoules mais avec une grande détermination que ce peuple revendique la reconnaissance de leur langue et de l’État basque Nord. Le représentant a donc pris à témoin l’ensemble des acteurs sociaux et appelé la France à respecter les engagements qu’elle a signés, afin de respecter les droits des peuples autochtones. Il a notamment appelé à faire respecter le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et donc du peuple basque. Il a aussi demandé la protection de la diversité des expressions culturelles. Le représentant a affirmé sa volonté de voir son peuple doté d’un outil institutionnel permettant de gérer son quotidien social, économique, écologique et culturel. Cet outil d’émancipation permettrait aussi de renforcer les liens avec les Basques du Sud. Nous, Basques du Nord, ne pouvons passer sous silence le combat des Basques du Sud et la répression à leur égard, notamment l’utilisation de la torture dénoncée par Amnesty International, a poursuivi le représentant. Il a donc demandé à l’Instance permanente et au Rapporteur spécial de demander à la France de respecter les engagements qu’elle a pris. Il a aussi suggéré à l’Instance de nommer un expert autonome pour la zone Europe de l’Ouest, proposant la candidature d’un expert basque… »
Instance permanente sur les questions autochtones
Septième session
11e & 12e séances – matin & après-midi
« … Mme AUDREY HOC, HERRI TOPA, a signalé que la langue euskara a une origine pré-indo-européenne, et est à ce titre l’une des plus vieilles langues d’Europe, parlée par 60 000 personnes. Cette langue n’a cependant aucun statut légal, car la France refuse de reconnaître l’existence sur son territoire de plusieurs dizaines de langues pourtant plus anciennes que le français en métropole ou dans les territoires d’outre-mer. Il y a juste quelques « aménagements » qui ont été prévus par la loi Deixonne de 1951 notamment, pour son enseignement. Aujourd’hui, la langue basque ne doit sa survie que grâce au travail de certaines associations qui donnent des cours aux enfants en immersion totale et des cours du soir aux adultes. Mais, en vertu de l’article 2 de la Constitution française, qui fait du français la seule langue officielle, le système immersif est devenu illégal. La représentante a donc demandé à l’Instance de mettre en place les moyens nécessaires afin que la France respecte enfin les langues autochtones et minorisées parlées sur son territoire. Nous demandons l’application des articles 13 et 16 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, a-t-elle ajouté. Enfin, la représentante basque a annoncé que le Parlement devrait, le 7 mai prochain, examiner la possibilité de revoir l’article 2 de la Constitution. Elle a demandé la nomination d’un expert autochtone pour la zone « Europe de l’Ouest » et proposé pour cela un expert basque… »
Instance permanente sur les questions autochtones
Septième session
13e & 14e séances – matin & après-midi
Le Président de l’Assemblée générale apporte son soutien aux travaux de la session
« … À la veille de la clôture des travaux de sa septième session, l’Instance permanente sur les questions autochtones a poursuivi son dialogue en se penchant sur le droit à l’autodétermination, la politisation de certains échanges de vue et la situation des jeunes.
Les défenseurs de la cause basque ont de nouveau fait entendre leur voix, dénonçant la « politique d’aliénation » menée à leur égard par la France. M. Ortzi Hegoas, d’Autonomia Eraiki, a fustigé l’attitude française, en estimant qu’à l’exception du « folklore touristique » dans lequel il serait cantonné, le peuple basque devait se battre pour pouvoir parler sa langue. S’élevant contre l’inflation du prix des terres dans sa région qui prive les natifs de l’accès à la propriété, M. Hegoas a demandé à l’Instance permanente de nommer un expert chargé de veiller à la protection des droits des peuples autochtones d’Europe de l’Ouest.
… Devant la virulence de certains propos, la Présidente de l’Instance permanente, Mme Victoria Tauli-Corpuz, a reconnu que la politisation des discussions était inévitable, du fait même de l’importance des questions pouvant avoir trait au statut des autochtones. Elle a souligné que la recherche du droit à l’autodétermination reposait sur un dialogue constructif entre les parties, cela dans « le seul but d’avancer et non pas de s’opposer ». Condamnant les allégations selon lesquelles des peuples autochtones abuseraient des droits qu’ils ont obtenus de haute lutte pour poursuivre des objectifs sécessionnistes, Mme Tauli-Corpuz a souligné que la Déclaration des droits des peuples autochtones offrait d’abord un cadre d’entente et de réconciliation… »
Le succès rencontré lors de ces réunions n’a pas connu en France le retentissement qu’il mérite !
Presses nationales écrites et télévisées furent quasi-muettes !!
Les basques sont-ils si dérangeants qu’on ne respecte même pas leurs droits, allant jusqu’au déni d’information ?!!
A qui profite ce silence ? Est-il imposé ?
S’agit-il d’autocensure ?
Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse…
Pour plus d’infos, je vous invite à vous rendre sur le site d’Autonomia eraiki, qui a suivi les débats au jour le jour et dont les posts sont enrichis d’interviews audios et vidéos des intervenants.
Vous y trouverez d’autre part les discours dans leur intégralité sous forme de PDF.





LA VIE S'ÉCOULE, LA VIE S'ENFUIT
La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies
Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence
Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête
Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats
Paroles de Raoul Vaneigem,
musique de Francis Lemonnier
CHANT DU DRAPEAU NOIR
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi cette teinte sinistre?
L'anarchie est faite d'espoir
Et la mort n'est pas son ministre.
Nous portons le deuil des méchants
Des ambitieux et des cupides,
Des capitalistes avides
Qui font couler du sang
pour leurs penchants.
Nous annonçons l'approche
du Grand Soir
Où les tyrans iront au pourrissoir.
Le capital engendre tous les crimes
Et nous portons le deuil de
ses victimes.
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Pourquoi la couleur fatidique?
Nous portons le deuil du pouvoir,
De l'État, de la Politique.
Nous voulons notre liberté
Et proclamons : Quoi qu'on dise,
Chacun pourra vivre à sa guise
Quand sera mise à mort l'autorité.
Nous annonçons la fin des potentats
Filous, voleurs, menteurs et apostats.
La liberté rend égaux tous les êtres
Et nous portons le deuil
de tous les maîtres.
Pourquoi ce drapeau teint en noir,
Couleur d'une grande tristesse?
Les hommes, enfin, vont avoir
Leur commune part de richesse.
Nous portons le deuil des voleurs
Qui tous les jours font des bombances
Pendant que, dès leur prime enfance,
Péniblement triment les travailleurs.
Nous annonçons humaine société
Où tous auront bien-être et liberté.
Du patronat les formes sont maudites
Et nous portons le deuil des parasites.
Pourquoi ce drapeau teint en noir
Ainsi que le corbeau vorace?
Les humains viennent d'entrevoir
Qu'ils sont tous d'une même race.
Nous portons le deuil des soudards
Vivant de rapine et de guerre.
Les peuples veulent être frères
Et des nations brûlent les étendards.
Nous annonçons l'ère de vérité,
Ère d'amour et de fraternité!
Des généraux l'existence est flétrie
Et nous portons le deuil de leur patrie.
Pourquoi ce drapeau teint en noir?
Est-ce une religion suprême ?
L'homme libre ne doit avoir pour
penser nul besoin d'emblème!
L'anarchiste n'accorde pas
A ce drapeau valeur d'idole,
Tout au plus n'est-ce qu'un symbole,
Mais en lui-même il porte son trépas
Car annonçant la fin des oripeaux
Il périra comme tous les drapeaux.
En Anarchie où régnera la Science,
Pour tout drapeau, l'homme
aura sa conscience !
Chanson de Louis Loréal (1922)

LE PERE LA PURGE
Je suis le vieux Père Lapurge
Pharmacien de l'Humanité
Contre sa bile je m'insurge
Avec ma fille Égalité
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers
Son mal vient des capitalistes
Plus ou moins gras à la ronger
En avant, les gars anarchistes
Fils de Marat, faut la purger !
J'ai du pétrole et de l'essence
Pour badigeonner les châteaux
Des torches pour la circonstance
A mettre en guise de flambeaux
J'ai du picrate de potasse
Du soufre, du chlore en tonneaux
Pour assainir partout où passent
Les empoisonneurs de cerveaux
J'ai des pavés et de la poudre
De la dynamite à foison
Qui rivalisent avec la foudre
Pour débarbouiller l'horizon
Le gaz est aussi de la fête
si l'on résiste à mes joyaux
au beau milieu de la tempête
je fais éclater ses boyaux
J'ai poudre verte et mélinite
De fameux produits, mes enfants
Pour nous débarrasser plus vite
De ces mangeurs de pauvres gens
J'ai pour les gavés de la table
La bombe glacée à servir
Du haut d'un ballon dirigeable
Par les toits pour les rafraîchir
Voleuse et traîtres, bourgeoisie
Prêtres et bandits couronnés
Il faut que d'Europe et l'Asie
Vous soyez tous assaisonnés
J'ai ce qu'il faut dans ma boutique
Sans le tonnerre et les éclairs
Pour bien purger toute la clique
Des affameurs de l'Univers
Paroles et musique de Constant MARIE.







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